Limonades Littéraires

Téléchargement illégal, achat d’occasion, .. et le respect des auteurs et libraires dans tout ça?… Et, le respect tout court?

Un article qui fait suite à un large débat sur mon groupe de lecture préféré ( les 26000, si vous vous reconnaissez, levez la main!), dont le sujet principal était la mise à disposition gratuite et illégale d’œuvres littéraires sur d’autres groupes de « passionnées » de lecture.

On y a parlé %e vol, ce qui a largement choqué certains d’entre vous, qui ne comprenaient pas ce raccourci.

Bien. Prenons l’exemple d’un boulanger, qui s’est levé à 5h pour préparer les baguettes qui cajolent vos papilles et font vivre son commerce. Vous l’achetez, comme tous les jours, et, parfois, vous vous faites plaisir, et achetez un fraisier. Cet achat plaisir estdonc assumé dans votre budget, nous sommes d’accord? Au coin de la rue, un homme vous propose les produits appartenant au boulanger gratuitement. Réflexe, il est humain et normal de sauter sur l’occasion. Mais, retournez vous, et regardez cette boulangerie, qui est tuée par ce don totalement illégal….. Le boulanger, ne pouvant plus vendre, fermera sa boutique, car, nous sommes d’accord, nous lui avons volé le fruit de son travail.

Et bien, le téléchargement illégal, c’est exactement pareil. Prenons, Lévy, Chattam et Musso… j’aurais envie de dire, économiquement, c’est pas trop grave. Mais, le respect?

Plus grave, les auteurs indépendants, et les toutes petites maisons d’éditions…. Comme le boulanger, si vous prenez ce qui leur est volé, gratuitement, vous les tuez, à terme!

Et là, vous allez me dire, quelle mauvaise foi! Elle revend des livres d’occasion, et donc empiète sur les ventes des auteurs ET des libraires!!!!

Dans un sens, ce n’est pas faux. Et, c’est pourquoi la vente d’occasion doit se soumettre à certaines règles éthiques ( à mon sens).

Tout d’abord, la logique veut que, dans l’occasion, par la force des choses, vous ne trouverez pas les dernières sorties…. ben oui…. je vous envoie dans ces cas là chez Graffiti, ou Coulier, mais surtout SURTOUT pas à l’espace culturel, on est d’accord, hein….

Néanmoins, 90% de mes ventes en occasion sont des livres de poches d’auteurs et de maisons d’éditions largement connus et rétribués. Il faut être honnête, ce ne sont pas la maigre quantité de bouquinistes existants (résistants) qui leur porteront préjudice….

Dernier aspect de mes ventes : les indépendants et toutes petites maisons d’éditions.

Tout d’abord, j’ai décidé de me lancer dans le neuf, mais, soyons d’accord, uniquement sur des produts que vous ne trouverez PAS chez mes voisins! Je débarque en ville avec mes grands panards, je décide de compléter mes ventes par du neuf, et il me semble logique de pas aller voir chez le voisin qui est là et essaie de survivre depuis 20 ans ce qui le fait bouffer pour lui piquer l’idée. Question basique de respect, à mon sens….

Donc, je propose en majorité des autos édités inconnus. Et là, bien sûr, il tombe sous le sens que je ne proposerais PAS ces livres en occasion, tout simplement car, au vu des trop maigres ventes de ces auteurs, oui, je leur porterai préjudice. Encore ici, question de respect et de bon sens.

Alors, vous allez me dire, c’est bien joli tout ça, mais c’est un grain de sable sur une plage, nan? Au vu du nombre de téléchargement, ça sert à quoi que moi tout seul je respecte ce que des millions bafouent?

Jetez donc œil sur l’image à la une, que j’aime particulièrement… 😉 (merci Loïc!)

N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de tout ça, car j’aimerai en débattre avec vous, à la boutique, autour d’une limonade!

Publicités
Limonades Littéraires

Les Héros récurrents dans les polars : focus sur le commissaire Adamsberg

En réfléchissant à l’écriture de cet article, je me suis demandée, tout d’abord, ce que nous apportaient les héros bien connus de nos polars favoris. Nous pouvons citer pour exemple bien sûr les plus connus : ces bons vieux Poirot, Maigret, Miss Marple…. qui, pour ma part, ont autant bercés les après midi télé de mes parents que mes premières lectures!

La question est finalement trop vaste et sujette à débat pour en faire le tour en un seul article.

J’ai donc choisi de vous parler aujourd’hui de celui qui me tient le plus à cœur : ce très cher Jean Baptiste Adamsberg (et, bien sûr, de tous ses acolytes, jusqu’à La Boule, le chat du commissariat! )

Adamsberg, donc, le bien connu commissaire rythmant la plupart des bouquins de Fred Vargas, flic marcheur, nonchalant, absolument pas professionnel….

C’est un béarnais déraciné de sa montagne, qui semble aussi peu adapté à la vie parisienne qu’à la rigueur de …. la vie, en fait, tout court…

Sa description physique, son âge, sont passé sont aussi flous que lui. Il aime sa vie, mais ne voit pas pourquoi il la changerait,  l’améliorerait. Non pas parce qu’il la trouve parfaite, il n’en voit juste pas l’intérêt…. Il ne trouve pas d’intérêt à ce qu’il porte, ce qu’il mange, ce qu’il ressent, mais aussi à ce que ressente les autres…. L’auteure l’aborde parfois de manière aussi vague qu’il est. Pour preuve la disparition des radars de Camille, l’amour de sa vie, et de son fils Tom.

Ainsi, Adamsberg n’a pour ainsi dire que très peu d’émotions et de sentiments. L’amour filial qu’il porte à son fils Zerk s’est développé de manière lente et logique, naturelle… malgré leur première rencontre lors de laquelle Zerk a menacé de mort son propre père, ignorant de son existence.

Paradoxalement, il est évident qu’il fait attention au bien être de ses proches . Ses équipiers, les animaux (le pigeon sauvé, le chat La Boule), les rencontres croisées au fil de ses aventures, et même les meurtriers.

Equipe composée d’êtres aussi uniques qu’indispensables à l’équilibre du commissaire. Protégé autant par Danglard, pilier arrosé de vin blanc et d’espoir, que par Retancourt, déesse hors normes aux 4 ou 10 bras, il est lui même le protecteur d’Estalère, jeune brigadier ahurit, dont il est le seul à croire en ses capacités innocentes.

Vous l’aurez compris, Adamsberg est loin d’avoir le profil type de l’enquêteur victorieux, et pourtant, sa naïveté, ses rêveries, son intuition hors normes lui permettent toujours de résoudre ses affaires. Affaires aussi peu  dans les clous que lui, puisqu’elles mettent en scène des vampires ou des morts vivants….

Pour être franche, je ne vais pas acheter un Vargas pour lire un Vargas (même si son imagination débordante, et surtout, le manque de violence me reposent bien souvent), mais pour retrouver tous ces personnages, pour qui j’ai une profonde tendresse. Adamsberg est pour moi le type même de l’anti héros que j’idolâtre.

Et c’est pourquoi je me dis que, parfois, les personnages suivis d’un roman sont aussi importants que le roman lui même, et ce constat prends pour moi toute sa signification dans les polars!

Un thème à développer, et, promis, cela arrivera bientôt!