Interviews d'auteurs

La « Pas Rentrée Littéraire » : Luc Doyelle et Guillaume Lecler

Aujourd’hui, focus sur deux auteurs indépendants qui, si ils ont un humour tout aussi différent, on le même talent pour le manier : Luc Doyelle et Guillaume Lecler.

Incontestablement, Luc Doyelle est au polar ce que la 504 cabriolet est à Nestor Burma : indissociable et rutilant !

Eric Antoine des mots, il manie les jeux de langage aussi vaillamment qu’il assassine les notions de mort et de résurrection…. Rien de bien pieux dans tout cela, je vous rassure, mais juste un pied de nez magistral à toute forme de logique !

Artiste hilarant et complet, il manie aussi bien l’objectif que la plume, et nous offre des photos absolument pas à la hauteur de ses héros : brillantes et élégantes !

Si il aime envoyer aux libraires ses stocks de bouquins dans des cartons de cidre normand, sans même un échantillon, il est avant tout un auto didacte qui s’auto édite, cela va de soi…

Ainsi, « Qui veut la peau de Nestor Boyaux » et « L’Ennui du Mort Vivant », polars aussi douteux qu’hilarants sont disponibles sur Amazon, mais surtout surtout chez votre bouquiniste préférée qui saura vous en vanter les bienfaits beaucoup mieux que les 59 commentaires (oui Messieurs – Dames ! 59!) de lecteurs assidus et sous payés !

Quant à son premier opus, « Les liaisons presque dangereuses », ben…. Je peux pas vous en dire plus car je n’en ai pas l’autorisation mais il paraît qu’on va avoir une ‘achement bonne nouvelle !!!

Guillaume Lecler, auteur de « Deux zéros et demi », est diplômé de la prestigieuse école de « Aucune école à afficher ». Originaire du Nord de la France (vous savez, cet endroit où il pleut tout le temps et où les autochtones disent « pains au chocolat » au lieu de « chocolatines »), il s’est longtemps nourri de Terry Pratchett, jusqu’à épuisement (des parutions, pas de lui, ni de Terry Pratchett d’ailleurs ).

Son premier roman est paru tout seul comme un grand en 2016. Et c’est tout seul comme un grand que ce roman de Fantasy Médievo – Loufoque séduit de plus en plus de lecteurs emballés !!!!

Ecrivain à temps pas du tout complet, le coeur sur la main, c’est avec beaucoup d’humilité et de tendresse qu’il s’ occupe de son élevage de « Zorgon », animal féroce et en voie d’extinction, hybride issu du croisement d’une brosse à dents et d’un koala, dont il est d’ailleurs le seul au monde et dans l’espace à pouvoir délivrer le certificat de capacité spécifique à leur détention (Cerfa n°12447*02134).

Entre deux brossages de dents de Zorgon, il nous fait le plaisir d’écrire la suite de Deux Zéros et Demi », qui est sans aucun doute LA parution la plus attendue de ces dernières années (enfin, pour moi…. Et pour nombre de ses fans!!!)

Actif sur les groupes de lectures des réseaux sociaux, si vous l’avez déjà croisé, vous devez encore avoir mal aux zygomatiques !!! Ce que moi je peux dire de lui, c’est qu’au delà de la finesse de son humour, il a un cœur grand comme les sourires qu’il nous donne !

Laissons leur donc la parole :

Guillaume, Luc, bonjour, et merci de bien vouloir participer de si bon coeur à cette interview (vous n’oublierez pas de me donner votre adresse pour livrer les Kinder Bueno en échange).

Une première question quelque peu philosophique, mais essentielle pour que les lecteurs puissent mieux vous cerner : Qu’est ce qui est petit et marron ?

Luc : Le pantalon de Guillaume. Surtout derrière.

Scarabouille : Ben… oui, moi aussi, je suis amateur de plaisanteries fines. Chais pas si je vais être à la hauteur… Doute… stress… Bon, je me lance : un texte écrit sans envie, sans conviction : c’est du caca. N’oublions pas l’odeur non plus.

« En fait, c’était tout simplement un marron…. mais nous leur pardonnons, leur génie créateur les envoie parfois sur des chemins insoupçonnés….. »

Dans rentrée littéraire, il y a rentrée…. Pouvez-vous me dire quel est votre parcours ? Quelles sont vos études ? Quel prof vous a le plus souvent collé ?

Luc : J’ai un master en pizzaiologie, option quatre fromages. Sinon, j’organise des séances de strip-poker dans les camps naturistes. Je suis aussi dresseur de koalas de combat. Personne ne m’a jamais collé car je cours trop vite.

Machin : J’ai torturé, usé, anéanti pas mal de professeurs. Par ma seul présence. La seule chose que j’ai retenu de mes années à me faire chauffer gratis dans des établissements publics (dont j’ignorais la finalité) est une phrase entendue comme une ritournelle : « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ».

Vous avez tous les deux, et c’est pour cela que j’ai choisi de vous interviewer ensemble, un style….. propre à vous, et complètement décalé. Pensez-vous qu’il soit plus difficile, comme on l’entend souvent dire dans la comédie, de créer quelque chose de drôle, de bon, encore plus drôle et plus bon qu’un Carambar ?

Luc : Carambar a beaucoup décliné depuis que j’ai démissionné de mon poste de blagueur en chef. Guillaume a repris le flambeau, mais c’est plus comme avant.

Truc : Et merde. Je ne peux pas le contredire. En matière de contrepets, chu pas bien équipé. Luc, à l’inverse, maîtrise à fond. Dans son ensemble et dans le détail : le contrepet, le contre et le pet. Si l’occasion se présente d’en sortir un, il le lâche direct. Il est comme ça Luc : il aime bien partager.

Vos romans font l’objet d’une suite ( l’Ennui du mort Vivant pour Luc, la suite de Deux zéros et Demi en cours d’écriture pour Guillaume, NDLRPTGBRV), n’est-il pas compliqué de reprendre une histoire, un personnage, en étant fidèle au premier opus, mais en respectant tout de même un renouveau ?

Luc : J’ai trouvé l’inspiration de mon premier opus sur le marché du même nom. Donc il suffira que j’y retourne pour que la magie opère de nouveau.

Merdouille : Il suffit d’être fidèle à soi-même, rester vrai, sincère : y’a pas encore de remède à la connerie, n’est-ce pas ?

Les héros de vos romans on des personnalités fortes et tout à fait uniques…. Vous est-il arrivé de vous inspirer de connaissances pour créer vos personnages ?

Luc : Ben, tous les héros de mes romans existent vraiment. Contrairement à Guillaume qui s’est fourvoyé dans la fantasy, science par excellence de l’imaginaire. On peut côtoyer Nestor dans la région d’Uzès, Jief dans le Nord, et Lucius dans les bas-fonds de Neuilly/Seine.

Ethinor : Y’a papa qui m’a délégué pour prouver à Lucius à coups de taloches que je suis bien réel. Tu vas voir si j’existe pas…

Scribouilleur : On ne se fourvoie pas dans la Fantasy. Et d’un, connotation négative qui ne peut conduire qu’à une petite séance ludique de pal, et de deux zéros et demi, on ne choisit pas : ça s’impose tout seul…

La réponse facile serait de dire qu’il est pratique d’être plusieurs dans sa tête : y’a qu’à piocher au fur et à mesure pour créer la diversité. Mais ce n’est pas vrai : la réalité, comme le disait DonVoyellus, est plus simple : les personnages vivent, préexistent : ils se dévoilent juste petit à petit.

Guillaume, nombreux sont tes lecteurs qui cherchent à adopter un Zorgon. Animal dangereux et en voie d’extinction, il est indispensable pour cela d’obtenir un certificat que tu es le seul à pouvoir délivrer. Peux-tu nous rappeler en quelques mots les conditions indispensables pour accueillir un animal de cette stature ?

Luc : Et moi, j’ai pas le droit de répondre à cette question ? Guillaume, c’est le chouchou de la maîtresse ?

Fayot : Réponse courte, oui. Réponse développée : ce n’est que justice, c’est le fruit d’un travail – ­­­d’autant plus méritoire que moi, le boulot, j’ai comme une allergie – obstiné d’obséquiosité et de flagornerie. En ce qui concerne le Zorgon (qui rappelons-le, est le produit du croisement d’un koala et d’une brosse à dents), rien de compliqué pour son entretien. Seulement posséder la capacité de se faire repousser les bras à volonté.

Luc, dans l’ennui du mort vivant, le con malté, en plus d’être particulièrement pénible, renaît au fur et à mesure qu’il se fait tuer…. Toi qui semble vouloir nous faire avaler des couleuvres, sais-tu que c’est, comme le Zorgon, un animal protégé ? Peux-tu nous en dire plus sur les conditions d’accueil de cet animal ? (La vache, elle est vraiment pourrie celle-là, je suis allée la chercher loin!!!)

Luc : Ah, enfin, une question rien que pour moi !

Euh, c’était quoi, déjà la question ? Attends que je relise…

Ah ouais, t’as raison, elle est pourrie ta question. Mais comme elle est juste pour ma pomme… Je dirais que les vrais cons maltés sont à exterminer d’urgence. Leur seule qualité, c’est qu’on peut écrire un roman pour se défouler sur eux.

Fayot-le-retour : N’importe quoi ! C’est vraiment n’importe quoi ! On ne va pas mélanger les torchons et les serviettes, non plus ?! Le Zorgon est protégé parce qu’il est fragile et rare. Tout l’inverse des cons qui ne craignent rien et sont très répandus.

Nous ne sommes que trop peu nombreux à vouloir représenter des auteurs indépendants comme vous, vous est-il arrivé de démarcher vous-même des libraires ? Ne pensez-vous pas que les indépendants ne sont pas suffisamment représentés dans le monde de la culture ? Pensez-vous que c’est l’œuf ou la poule qui est arrivé en premier ? Vous pouvez me passer le sel s’il vous plaît ?

Luc : Quand tu parles de l’œuf, tu penses à Guillaume, c’est ça ? Si oui, j’étais là avant (tu peux m’appeler « ma poule », si tu veux, Kty).

Renard-vicieux : Aloooooors, j’ai beau chercher, je ne me rappelle pas du tout avoir été expulsé d’où que ce soit pas le gallinacé… Pour le sel, avec plaisir : il paraît que placé stratégiquement, il permet de choper les volatiles plus facilement. Je ne sais pas où tu en es de l’apprivoisement de Lucius…

Pour les deux premières questions, après avoir mûrement réfléchi (c’est malin, j’ai mal au crâne maintenant) et cherché comment synthétiser au mieux le résultat de cette intense cogitation, j’en suis arrivé à la conclusion que non et non.

La rentrée politique sera chargée, entre les réformes sociales, le coût du maquilleur de notre président et l’adoption de son labrador…. Pouvez-vous, sans prendre de gants, et en étant tout à fait honnête, me dire franchement ce que vous pensez de la cuisson vapeur des choux de bruxelles ? Et il vrai que cela est plus judicieux que de les faire blanchir ?

Luc : Blanchir, on a déjà essayé sur Michael Jackson, et ça ne lui a pas réussi. Alors ne prenons pas de risques inutiles.

Veuleman : De manière générale, je n’aime pas les risques et la polémique. Ne comptez donc pas sur moi pour dire du mal de cette jolie ville qu’est la Belgique. Puis je ne voudrais pas me couper de ses dix habitants comme potentiels lecteurs.

A l’ère du numérique, de Games of Thrones et des Game Boy, nombreux sont les inconditionnels du format Kindle (entre autre, mais pour être franche, c’est le seul que je connais) et les défenseurs du papier. Et vous, pour vos lectures, êtes-vous plutôt Papyrus ou tablettes de cire ?

Luc : Kty, à coup sûr tu as lu ma nouvelle qui évoque cette question épineuse. Tout y est. Mais je vais te faire un résumé. Rien ne vaut le texte. Et le texte ne vaut rien (signé Alain Sushi et Laurent Voulzon).

Slipman : Pas du tout d’accord avec toi Lucius ! C’est même totalement l’inverse !

Une dernière question à vous deux, avant de vous laisser la parole libre (oui, vous disposez de 534 mots maximum pour dire ce que vous avez pensé de ce moment…. Pour m’insulter quoi…), qui clôturera parfaitement ce moment d’échanges culturels insoupçonnés : Qu’est ce qui est petit, vert, qui monte et qui descend ?

Luc : Guillaume en survêtement et qui saute à l’élastique. Ça fait 40 ans qu’on nous la sort, celle-là.

A mon tour de t’en poser une : Quelle chanteuse israélienne se prend pour une tire-lire ?

C’est Tal, parce que, comme l’a chanté Alain Sushi : Fous le centime en Tal !

Gerbator : devant l’actu, la télé-réalité, la politique et les choux de Bruxelles, la tentative de maîtrise d’un flux de bile.

« Alors, à la base, la réponse était un petit pois dans un ascenseur…. mais Guillaume en survét’ qui saute à l’élastique c’est beaucoup mieux!!! »

Encore un grand merci à vous deux, pour avoir pris le temps de me répondre, et maintenant, c’est parti, vous pouvez taper sur la bouquiniste !!!!

Luc : Peux pas, t’es trop loin !

Fouetteman : Quelle mesquinerie ! 534 mots, c’est un peu court. Au vu de la liste possible à dresser… Pis… j’aime pas tirer sur les ambulances. Je ne voudrais pas te faire crier non plus, rapport que la dernière fois que je t’ai entendue, mes oreilles ont saigné pendant trois jours. Il paraîtrait que ce soit dû à un accent « chantant » pour certains. « Certains » devenus sourd par la suite, oui. Et pour reprendre la réponse de Lucius, ben… non, avec un accent comme ça, c’est jamais assez loin.

Bien! Pour retrouver Luc, Guillaume, leurs héros et leurs blagues vaseuses, c’est par ici pour Guillaume :https://www.bouquinerie.me/product-page/deux-z%C3%A9ros-et-demi-guillaume-lecler

Et par là : https://www.bouquinerie.me/product-page/qui-veut-la-peau-de-nestor-boyaux-luc-doyelle

Et par là aussi pour Luc! : https://www.bouquinerie.me/product-page/l-ennui-du-mort-vivant-luc-doyelle

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