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Antigone, Ulysse, Kino, Norma et moi….

Au moment où je rencontre un livre qui me marque énormément, et pour lequel je risque d’écrire des chroniques qui pourraient vous paraître excessives, je voulais partager cet article pour que vous compreniez ma démarche.

Je vais, bien entendu, vous parler de lecture, mais, soyons d’accord, l’Adagio d’Albinoni, « A la belle étoile » de Mathieu Chédid, le cri de Munch, ou bien cette photo de Sian d’Aqui https://www.facebook.com/siandaquiphotos/photos/a.827099650786625.1073741920.263979347098661/827099664119957/?type=3&theater

me procurent les mêmes émotions.

Je voulais donc vous parler des livres de ma vie, et pourquoi ils m’ont tant marqués (même si je n’ai qu’un début de réponse).

Procédons par ordre chronologique, et partons visiter ma maison.

Au dessus du salon, la bibliothèque dominait la grande pièce depuis sa mezzanine (aujourd’hui, à la place, se tient une peinture préhistorique faite par mon neveu). Rien de particulier, des classiques, des Pyrénées Magasine, des Sélection du Rider’s Digest et….. cette édition de Papillon, que mon père  m’a toujours interdit de lire (car trop dur à son goût), mais qui m’attirait comme un aimant. Je restait des heures, assise sur le parquet en chêne, juste à observer la tranche, hypnotisée. 20 ans (et des brouettes) plus tard, un client m’apporte la même. Elle est cachée, derrière mon bureau, précieusement conservée, telle un Graal, et je ne sais si elle sera un jour ouverte. Peut être ais je peur, en levant cette interdiction suprême, de perdre tout à fait mon père, pourtant parti il y a déjà 17 ans…

Puisque nous parlons de mon père, je vais sauter quelques années et vous présenter Norma, héroïne (même si ce mot ne lui convient pas) d’une auteure auto éditée, Mélanie Talcott, MA découverte littéraire de l’année. Dans « Alzheimer, même toi on t’oubliera », Norma raconte la maladie de ma mère. Et ces putains de souffrances ignobles, cruelles, malsaines, merdiques que nous avons tous vécus ont été comme …. pompées par le récit de Norma. C’est l’exemple type du livre psychanalytique.

Au collège, j’ai rencontré Kino. La Perle de Steinbeck a été le premier bouquin que j’ai littéralement balancé à travers ma chambre, tant il me dérangeait et me faisait mal.

Comme j’ai senti cette piqûre de Scorpion, comme j’ai vomi cette Perle, comme j’ai pleuré, ragé, à la perte de Coyotito!!!!! C’est le premier livre m’ayant fait ressentir autant d’émotions. Et c’est loin, loin d’être le dernier!

J’ai perdu mon père l’année du bac, et j’ai trouvé Antigone. L’Antigone d’Anouilh est Le livre de ma vie. Je n’en ai encore jamais rencontré de plus marquant. J’ai aimé Hémon, identifié ma sœur à Ismène, si belle, si merveilleusement plus belle que moi, je me suis enfermée (et je m’enferme encore), dans cette grotte, avec cette ceinture de rubans de satin… Adolescente, j’étais maigre et noiraude comme Antigone. Mais aussi belle de souffrance, et elle m’a largement aidé a accepter cette tristesse, et à devenir adulte. Et j’en ai ai offert un exemplaire à ma belle sœur, naturellement, d’une part car elle me touche, d’autre part car je sais qu’elle sera aussi touchée que moi par cette lecture.

Et nous voici à ce matin, où les soucis, les émotions, la fatigue, se sont emparés de moi, comme cela nous arrive à tous. « L’Incroyable vie d’Ulysse Marbaud » était sur mon oreiller. Et j’ai juste eu besoin de me retrouver auprès d’Ulysse, pendant sa séance de relaxation, et j’ai relu le passage de sa visite dans le camp Rrom, j’ai parlé de mon angoisse et de mon bonheur de gadjo à Mérit, je me suis reposée, au milieu des roulottes, au milieu des tsiganes, et je me suis sentie bien. Et je sait que je combattrais, comme vous, le Serpent toute ma vie, que mes émotions me porteront où me boufferont, mais qu’Ulysse et Norma seront là, tout prêt, comme Kino, comme Antigone, comme Etienne Lantier, comme Adamsberg, et les pendules molles…

Alors, je me rends compte que je ne vous parle pas de lecture, d’art, mais tout simplement d’émotions, tout simplement … de vie!

 

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Ma vie de Râteau

Bonjour! Moi, c’est  Râteau! Enfin, je crois, c’est ce que disent mes maîtres quand ils veulent que je vienne…du coup, je crois que c’est mon nom… »Râteau »! Il paraît que c’est rigolo… moi, je m’en fiche, tant que mes maîtres m’appellent, par tous les noms, ça me va!

Je ne les connaît pas bien, mes maîtres, cela ne fait qu’une semaine que je suis avec eux. Avant, j’étais dans une cage, dans ce qu’on appelle « un chenil » , et je m’appelais « Chacal ». C’est mon petit maître qui trouvait que « Râteau », c’est plus rigolo.Le chenil, c’est un endroit où il y a plein de chiens comme moi, « abandonnés ». Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je sais juste que j’étais là depuis que j’étais tout petit, je ne me souviens pas pourquoi. Iron, mon copain de la cage d’à côté, il dit que ses maîtres l’on amené ici, un jour, loin de la maison. Tout ça parce qu’ils en avaient marre qu’il parte chasser. Mais « Iron » est un Fox Terrier », un chien de chasse… du coup, ils devaient le savoir non, qu’il allait partir chasser? Pourquoi ils ont voulu de lui, si c’était pas pour bien s’en occuper? De l’autre côté, il y a un autre chien. Lui, il a jamais parlé à personne, il reste tout le temps au fond de sa cage, dans son caca. On dit qu’il est « trau-ma-ti-sé ». En fait, ses maîtres sont partis en vacances sans lui, un jour, dans un hôtel où on n’acceptait pas les chiens. Comme si c’était un jouet, qu’on laisse au milieu du salon quand on est pas là, et que c’est pas grave si on s’en occupe pas….comme si on avait pas de cœur, parce qu’on est des chiens….

Donc, dans ce chenil, j’avais plein de copains! Ashra, Biscotte, Half… Ils sont tous tellement gentils! Mais on pouvait pas jouer ensemble, on était séparés par du grillage. C’est bête, on discutait tout le temps!Beaucoup de mes voisins sont devenus fous à force d’être enfermés. Il y avait deux messieurs et deux dames, qui s’occupaient de nous, comme ils pouvaient… Ils n’avaient pas le temps de nous faire des câlins, parce qu’on était trop nombreux. Mais, les pauvres, on voyait bien que ça leur faisait de la peine.

Oh, moi, je ne me suis jamais trop plains. J’avais à manger, une niche, ma cage était toujours propre, et les gens qui s’occupaient de nous nous aimaient, ça, on peux pas dire le contraire! Mais, c’est vrai, il faut avouer que cela n’a rien à voir avec ma vie de maintenant!!!! Vous ne pouvez pas savoir la chance que j’ai!!!! J’ai trois maîtres rien qu’à moi!!! Enfin, rien qu’à moi, c’est pas tout à fait vrai…. Je dois cohabiter avec un gros chat qui ne m’aime pas trop, un cochon d’Inde qui a peur de moi, et un autre qui vient frotter son nez contre le mien quand je viens contre la cage, il est rigolo! Nous avons donc un maître, il est cool, on joue au rugby le soir tous les deux! Un petit maître qui me fait tout le temps des câlins, et qui me prête ses peluches (à part que j’ en ai mangé une, sans faire exprès, je crois qu’il ne va plus trop vouloir me les prêter, c’est de ma faute….) et aussi une maîtresse, qui reste tout le temps avec moi! Elle m’apprend des choses : couché, attends, reste, au pied… c’est pas toujours facile, mais elle dit que c’est pour ma sé-cu-ri-té…

Parce qu’en fait, ce que je ne vous ai pas dit, c’est que j’ai deux maisons! Une grande où il y a un grand jardin dans lequel on s’amuse tous ensemble, et une plus petite, où il y a plein de livres, plein de gens qui rentrent et qui sortent, et des copines de ma maîtresse qui viennent me faire des câlins…. c’est super non? J’y vais presque tous les jours, et quand on y va pas, on part se balader, tous ensemble, comme une famille…. tout le monde dit que je suis super sage, que j’écoute, que je reste au pied….mais, qu’est ce que vous croyez, mes maîtres sont tellement sympas, je fais tout pour rester avec eux! Parce que, au chenil, même si ceux qui s’occupaient de nous étaient aussi sympas, c’était quand même pas la joie!

Là bas, tout le monde est triste, tout le monde hurle…. on a tous à peu près la même histoire vous savez, une famille, le bonheur, et du jour au lendemain, on ne veux plus de nous, on n’a pas le temps de nous aimer….je comprends pas trop, en fait, les humains…. Y’en a qui sont supers, qui veulent qu’on soient le mieux possible, et d’autres qui s’en fichent, qui n’ont pas le temps, pas l’argent….. mon copain Victor, il m’a même dit que certains s’amusent à nous faire du mal exprès, parce que ça les fait rire! Mais ça, quand même, ça m’étonnerait…. vous y croyez, vous? Non, il doit dire n’importe quoi…. en plus, Victor, tout le monde dit qu’il est trau-ma-ti-sé : il saute tout le temps partout, et il essaie tout le temps d’attraper sa queue… où alors, c’est parce qu’on lui a fait du mal? Le problème, avec des copains comme lui, c’est que personne ne veut s’en occuper, et que si ils restent trop longtemps et trop fou, ben, on les eu-tha-na-sie…. encore un mot que je ne comprends pas, mais ça à l’air super grave, et un beau jour, ils s’en vont et on ne les voit plus…

Alors, vous voyez, j’ai bien de la chance de m’en être sorti quand même….Et je vais tout faire pour être le plus heureux possible! Mais ça ne va pas être dur! Vous voyez, là, pendant que ma maîtresse écrit cet article, moi je suis couché à ses pieds, j’accueille les clients et je me recouche tranquillement… Et elle, c’est bizarre, elle verse quelques larmes en écrivant…. c’est bête, on a tout pour être heureux tous ensemble!!! Mais, ce qui est sûr, c’est que je prie très fort tous les soirs pour mes copains d’avant, pour qu’ils trouvent une famille, comme moi, Dick, Nola, Scott, et tous les autres…

Ma maîtresse va vous mettre ce qu’on appelle un « lien », c’est un truc où vous pouvez voir leurs photos, mais le mieux, c’est d’aller les caresser non?

http://arche.samy.free.fr/petitsmoyenscompa/index.html

 

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En Forme de Graal : difficultés, rencontres et enrichissement

9 mois, c’est la durée qu’il m’a fallu pour mener à bien mon projet.

9 mois plus tard, les premiers résultats demandent à vous être partagés!!!

Je ne vais pas refaire l’histoire de la boutique, elle a été relayée dans les articles et émissions partagées récemment.

En revanche, avant toute chose, (et cela ne m’enchante pas), je voudrais spécifier que, si ce projet ressemble fort à un coup de tête, il n’en est pas un.

Il résulte d’une formation, courte mais intense, par Thierry, dont je remercie encore et toujours la patience. Il m’a passé son bébé, m’a aidé à le faire grandir!

Mais aussi d’un suivi professionnel à la chambre de commerce, de longues heures à monter des prévisionnels basés sur des chiffres réels, une étude de marché, des ajustements, des remises en questions.

Si je donne ces détails, c’est que je ne vais pas commencer par la partie la plus agréable….

La boutique n’est pas en bonne santé, malgré les chiffres étudiés, malgré le travail et l’investissement. Est ce négatif? Non, mais il me semble important de dire la vérité.

Plusieurs causes à cela, un enchaînement de mauvaises circonstances, plus que de mauvais pas.

Un moteur cassé, qui m’a empêché de faire les marchés de janvier à mars, et à coûté énormément d’argent.

Une très mauvaise décision, imposée par la banque, dix minutes avant de signer le prêt, deux semaines avant de devoir virer l’argent du prêt pour l’achat de la boutique, et qui me prive d’une partie de mon avance de trésorerie.

Une économie des ventes internet catastrophique! Je suis aujourd’hui à….10% de mon prévisionnel!!! Jusqu’à moins 70% pour d’autres confrères, tous secteurs confondus.

Les élections, qui ont créé un climat anxiogène peu souvent connu, auxquelles s’est greffé la formidable canicule de Juin, qui a vidé les rues…

Et, aujourd’hui, la décision (un peu brutale je dois avouer), de mon fournisseur de reprendre le percolateur. Cette machine est en location, mais il faut un minimum de café commandé pour pallier les frais…et j’en suis malheureusement loin. Mais, tout le monde doit faire vivre son commerce, et je comprends sa décision.

Je n’ai pas eu la main sur ces événements. Mais ils m’ont permis de reprendre férocement la main  sur la boutique. Avec des résultats immédiats, puisque sur les mois de mars et avril (pas les meilleurs mois au centre ville), elle a à elle seule payé les charges. Le chiffre en a été doublé par deux! preuve qu’elle a beaucoup à donner!!!

Néanmoins, deux mois, c’est peu, et cela ne suffit pas.

Alors, je dois vous avouer que j’ai eu des grosses grosses périodes de doutes…. Et cela à été le seul sujet de disputes avec mon mari! Lui, il y croit, il croit en moi, il me pousse, il m’aide, il m’encourage! Et il a raison, je ne doute plus, je reprends confiance!

Et l’immuable (et vrai) refrain de mon amie Sybil, « Il y a toujours des solutions! Si il n’y a pas de solutions, c’est qu’il n’y a pas de problèmes!!!! »

Alors, j’ai bossé, bossé!!!! Je me suis remise en question, j’ai monté des projets…. Et cela finit par payer!

Mais il y a eu surtout des rencontres, de formidables rencontres!

Pascale, qui m’éclaire de conseils éclairés par de belles années d’expérience!

Didier, qui remue ciel et terre pour que les Speed Bookings soient combles! (Et on en est pas loin Didier!)

Magali, qui est venue, un jour, avec une amie, et qui n’est plus trop repartie!

Une nouvelle impulsion, grâce à elle: le blog, les chroniques, les autos édités! Mélanie, MA révélation littéraire de l’année!!!! Quel talent époustouflant!!!! Luc, Guillaume, Marie, aujourd’hui, Arnaud, très bientôt Karl….. autant de talents que je suis fière de mettre en avant, de faire découvrir, très humblement, avec mes touts petits moyens, dans ma toute petite boutique, mais avec une passion grandissante!

Et Magali, toujours, qui veille, Sybil, Marine, Chantal, Didier, petites comètes, petites étoiles, qui papillonnent dans ma boutique, dans mes projets….

Et mon mari, que je découvre de jour en jour! La voilà, ma première réussite!  35 ans, un amour d’enfant, mariée, et de plus en plus amoureuse de mon homme, qui me soutient de plus en plus chaque jour! Qui relit chaque chronique, m’écoute parler de chaque auteur, comme si lui même les connaissait! (il faut savoir que mon mari lit très très peu!!!).

Et les toutes dernières rencontres, toute « fraîches », celles qui, je pense, seront le dernier coup de clé du démarrage.

J’ai été récemment comblée d’être l’invitée de ‘ »Passeurs de Bougnettes », émission de LA radio locale de Castres : « Radiom ». Une révélation!!!! Au delà du fait que je me sois éclatée durant cette émission, je me suis surtout rendue compte de l’engouement suscité par la boutique auprès de Nico, Antoine, Claude, les animateurs (talentueux!), mais aussi de Karl, écrivain très bientôt chroni-croqué sur mon blog! Cet échange passionnant, avec des passionnés, m’a permit de réaliser que je tenais le bon bout, que je suis à deux doigts de la réussite ( devant vos compliments, j’ai été plusieurs fois à deux doigts de la combustion humaine spontanée!!!)! Alors, MERCI à vous! Je suis reboostée, de nouveau de l’énergie pour 10 000 projets!!!!

Les projets, justement, il y en a encore!!!!

Je vais tout d’abord profiter de l’été pour réfléchir à certaines remises en questions : la communication, d’abord. Facebook, c’est bien. Mais si toutes les personnes ayant « liké » ma page, et trouvant les activités proposées formidables, venaient aux dites activités, je n’aurais pas trop de souci à me faire…. C’est bien, de liker , de commenter….le mieux, c’est de venir s’en rendre compte!

Les activités : malheureusement, je vais devoir me résoudre à faire des ajustements indispensables…..les réservations devront être payées avant l’atelier! sur le mois de juin, 3 ateliers annulés faute de clients. Et les maigres réservations effectuées ont tout simplement été… oubliées…. Un atelier demande beaucoup de temps, qui pourrait être investit autrement. Les réservations payantes seront obligatoires…(et je ne parle pas du manque de respect qu’un « oubli » procure….)

Les horaires : nouveaux rythmes scolaires, la boutique sera fermée les mercredis matins, pour prendre du temps avec mon loulou. Euh, oui, ok, aussi parce qu’on a pas les moyens de payer plus de garderie et de nounou….

La soirée Kaamelott, on en a parlé lors de l’émission.

Les lectures de contes reconduites (je suis têtue!!!)

Nouveaux cafés parents, mais peut être en partenariat…

Et, bien sûr, nouveaux auteurs!!!!

Il paraît peut être un peu « pompeux » d’écrire un article de cette taille sur la boutique, mais cela représente un tel investissement, avec tellement de personnes impliquées, et surtout, surtout, cela résulte d’une telle passion!

Cet article est autant fait pour être lu que pour être partagé!!!!

 

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La Complainte du Saule Pleureur

Je suis un saule pleureur, et, oh, ma foi, cela fait bien mon malheur….

Je vis depuis des années dans un parc très fréquenté, sécurisé, amidonné…

Au centre d’une ville, grise, pleine de travailleurs serviles…

Les passants passent, écouteurs greffés, poussettes pressées, téléphones scotchés, amitiés abandonnées…

Je suis là, moi, majestueux pourtant, avec mon écorce ridée, mes feuilles légères qui dansent au vent !

Mais, pour moi, ils n’ont pas un regard, de peur d’être conquis, et de prendre du retard…

Je suis un saule pleureur et, oh, ma foi, j’ai bien du malheur….

Un jour, pourtant, j’ai eu de l’espoir ! Un bel espoir, tout chaud, brillant ! Car, un jour, pourtant, on a construit un banc !

Juste sous mes branches, juste sous mes feuilles ! Un beau banc, en bois, vert et blanc !

Dès lors, abrités du vent, au milieu des oiseaux roucoulants, sont venus des passants ! A l’abri des regards, au sein de mes feuilles brillantes, du matin jusqu’au soir, au sein de mes feuilles chantantes, des amoureux se sont posés, des amoureux se sont aimés !

Bien cachés dans mon ventre, ils se sont embrassés, bien au chaud dans mon antre, ils se sont observés. Mais, oh, surtout, toujours, ils se sont sont séparés…

Jamais ils ne sont restés, jamais je n’ai pu les bercés….

Et moi, je déteste les au revoir, quotidiens, à la tombée du soir…. Voyez vous, cela me fait pleurer… Je suis un saule pleureur…bien tristounet….

Et quand je me disais que cela ne pouvait être pire, des hommes sont venus, pour tout détruire !!!!!

Des outils assourdissants, un remue ménage aveuglant ! Une vision de cauchemar, de la terre labourée, éventrée, jusqu’à la mare !!!!

Puis, sont arrivés des choses démontées, des bouts de bois aux formes inappropriées… A coup de marteau bing ! Bang ! Les hommes les ont remontées, une activité assourdissante ! De la peinture malodorante !!!!

Ils ont envahis l’espace juste devant mon banc, avec, qu’est ce que c’est d’ailleurs ? Oh !!! Un toboggan….

Ainsi, c’est cela ! Une aire de jeux ! Ah ! Je vais en faire des envieux !!! Petit à petit, sont venus les enfants, et leurs parents, qui s’asseyaient sur mon banc…..

Et vous savez quoi ? Ces parents heureux, moi, je les connais ! Ce sont mes amoureux ! Qui, tous les soirs, se quittaient…. Qui, pour toujours, se sont retrouvés…

Je suis un saule pleureur…. Et, si vous saviez ! Quel bonheur !

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Bouquiniste : définition et états d’âmes

D’après le littré (mon dictionnaire préféré), la bouquiniste est « celle qui achète et revend de vieux livres » (prononcer bou-ki-nist-e ou -a suivant l’accent).

Hmmmm…. C’est pas faux….mais c’est un peu léger…

Laissez moi vous donner mon concept fraîchement moulu du métier.

D’abord, en règle générale, la bouquiniste est aussi poussiéreuse que ses livres…. C’est pourquoi il convient, quand vous prévoyez de ranger vos rayons ET de vous vêtir en blanc, de prévoir une tenue confortable de rechange!

Bien souvent, la bouquiniste se fait belle et accueillante pour tenir sa bouquinerie la semaine, mais part sur les marchés les dimanches pour adoucir ses fins de mois….Dans ces cas, pas d’œil de biche ou de vernis sur ses ongles, puisqu’elle s’est levée à 5h du mat’ pour décharger et mettre en place une quinzaine de cartons…. Il n’en demeure pas moins qu’elle reste une femme, et qu’un bouquet de fleurs séchées traîne souvent sur son stand, sous l’œil attendri et moqueur de ses collègues masculins….

Sur les marchés, justement, malgré une PAL d’environ 5 000 livres, il n’est pas rare que la bouquiniste, partie en chasse chez ses collègues pour ses clients (ch’est ‘achement dur à dire!), revienne avec une quinzaine d’ouvrages totalement inutiles, mais pour elle! 😉  Ouvrages dont elle se délectera, et qu’elle proposera, des étoiles dans les yeux, à ses clients préférés!

Il est fréquent que la bouquiniste, contrairement à son collègue masculin plus terre à terre, ouvre dans sa boutique un salon de thé. Dans ces cas là, elle prendra des heures à renommer un par un tous les produits de sa carte, elle se délectera de nouvelles recettes à inventer, elle servira thés et pâtisseries avec classe et délices, et elle passera une bonne partie de sa journée à remplir et vider le lave vaisselle! Il convient, pour les bouquinistes aussi peu douées que moi, de prévoir un joli petit tablier, réceptacle indispensable aux projections inopinées de lait mousseux à la noisette!

La bouquiniste est engagée! Elle prône la présence unique de produits locaux dans son salon, milite pour la mise en avant et la diffusion d’auteurs indépendants, incite ses amis à une consommation plus responsable!!! Mais la bouquiniste est également débordée et épuisée, et elle fait ses courses au Drive, et, certains soirs, n’a que la force de feuilleter un Legardinier…..

La bouquiniste est inventive! Pleine d’espoir, elle met en place des ateliers, écrit elle même les contes qu’elle lira aux enfants, chouchoute sa vitrine, décore avec soin sa boutique…. et regarde les passants jeter un œil torve à ses créations…

La bouquiniste nage dans le bonheur au milieu de milliers de livres, mais passe 90% de son temps devant son écran, à préparer les commandes, chercher des livres pour ses clients, promouvoir sa boutique ou écrire des articles sur les bouquinistes….

La bouquiniste reçoit avec patience les clients venus vendre des livres, en se disant que si autant de clients venaient en acheter, sa boutique tournerait si bien… elle est obligée, certains mois, d’en refuser, et de se faire insulter par certains clients qui pensent que c’est un service qui leur est dû…

Mais la bouquiniste reçoit avec passion les clients qui n’ont pas les moyens de s’offrir des livres neufs, et qui lui sont reconnaissants de pouvoir combler leurs envies de lectures! Ceux qui vous conseillent de lire autant de livres qu’ils n’en achètent. Ceux qui viennent pour acheter deux ou trois bouquins, mais qui repartent une heure après, après avoir discouru sur tel ou tel auteur, après avoir partagé leur passion….parfois en en ayant oublié d’acheter un livre!!

La bouquiniste est tenace, elle serre les dents, et trouve toujours du bonheur à recevoir ses clients, même dans les journées les plus compliquées… Elle résiste et tient à rester en centre ville, même si elle aurait tellement plus de monde dans une galerie marchande…

Alors, voilà, être bouquiniste, et commerçant en général, c’est loin d’être facile tous les jours….mais c’est un métier tellement beau que c’est pour moi une révélation!!!