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Lola, Lion et Bess – La Marquise de Carabas

Une chronique un peu tardive, car j’ai relu ce bouquin juste aujourd’hui!

Pourquoi? Tout simplement pour savoir si la magie opérait encore, et c’est le cas!

Et pourtant, il s’agit là d’une littérature à laquelle je suis totalement hermétique : la littérature érotique! Mais Dieu! Que c’est bon!!!! Et tiens, d’ailleurs j’assume :

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Lola, Lion et Bess, ce sont trois étudiants, amis d’enfance, qui, alors qu’ils vont passer leur premier Noël loin de leur famille, vont se livrer à quelques jeux érotiques.

Alors, c’est clairement assumé, et ce, dès les premières pages! Mais attention! Pas de sado maso, de soumission, de gaine et de jarretières…. La seule arme de la Marquise, c’est une infinie tendresse!!!

Car ces petits jeux, présentés sous forme de calendrier de l’Avent j’ai envie de dire, révèle également une amitié amoureuse entre ces trois là!

Et cela donne une relation aussi fraîche que chaude, des petites scènes à déguster comme un chocolat sous la couette, et surtout, surtout, c’est dingue tout l’amour que l’auteure a su mettre dans si peu de pages!!!!

Alors, pour un dimanche soir sous la couette, seul, à deux ou…. ben comme vous voulez!!!!

C’est aussi bien ressenti que bien écrit, alors on y va, c’est par ici!!

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Sous son emprise, Tome 1 la Proie – Aloïsia Nidhead

Merci tout d’abord à Virginie de m’avoir fait découvrir cette jeune auteure!

Voici un bouquin bien sympathique, mais qui m’a tout de même laissée mi-figue, mi-raisin…. Je vous laisse tout d’abord découvrir l’histoire :

Fraîchement sortie d’une histoire d’amour qui lui a laissé un goût amer, Estelle ne pensait pas retomber si vite amoureuse. Trop vite peut-être… Installation, projets communs, les événements s’enchaînent rapidement. Paul est un jeune homme charismatique. Toujours volontaire pour aider son prochain, il est très apprécié dans la région, ce qui laisse penser à Estelle qu’elle a trouvé la perle rare.
Pourtant derrière l’idylle le pire se prépare. Si l’amour est un masque, la joie et le bonheur n’en seraient-ils que les pâles reflets ? Derrière ses airs enjôleurs, Estelle ne devine pas qu’elle est en train de tomber dans les mains d’un pervers narcissique qui va peu à peu l’éloigner des siens. Humiliations, brimades, violence psychologique et sexuelle, Estelle subit de nombreux affronts dans le seul but de la soumettre.
Sous son emprise, c’est l’histoire de toutes ces femmes qui vivent ou qui ont un jour vécu sous le joug d’un manipulateur narcissique. Pour s’en sortir, Estelle devra ouvrir les yeux sur sa condition en tant que femme soumise mais elle devra également réapprendre à penser par elle-même et à s’affirmer. Sa seule force de caractère et le soutien sans faille d’un nouvel allié lui permettront-ils de franchir les nombreux obstacles qui se dressent devant la voie de la liberté ?

Alors, voici un thème assez dur à traiter, néanmoins l’auteure a su le faire sans entrer dans le pathos ou la lourdeur.

Tout part d’une histoire d’amour simple, belle, et comme chacun de nous aurait pu la vivre. Aloïsia Nidhead nous entraîne dans son récit de manière douce et insidieuse, sans que nous puissions nous rendre compte des malheurs qui vont arriver, malgré les petits indices tels que la distance mise entre l’héroïne et ses proches. Nous nous faisons donc piéger, comme l’a vécu la pauvre Estelle. Ainsi, nous sommes vite plongés dans une ambiance angoissée, mais pas angoissante, et c’est un joli tour de passe passe qui est effectué ici. La lecture se fait vite, les personnages sont attachants, et même si nous parlons beaucoup du problème des violences conjugales dans les médias, et que cette histoire suit un format déjà bien exploité, il n’y a ici aucun cliché. Avec beaucoup de douceur et de psychologie, l’auteure nous démontre que tout ceci peut arriver à n’importe qui, sans même que l’on s’en rende compte.

Un aspect m’a néanmoins laissée largement dubitative.

En effet, cette histoire se déroule en deux tomes. Le premier donc, d’environ 200 pages, se termine sans se terminer, et nous oblige à acheter le deuxième tome pour avoir la finalité de l’action commencée dans le prologue. Cela me gêne, car c’est pour moi à la limite de la vente forcée. J’ai lu de nombreuses histoires en plusieurs volumes, et j’ai toujours apprécié que les auteurs terminent chacun de leur tome (voir chronique L’Arme Ultime : L’Hybride, de Sarah Lacote, chez votre dévouée 😉 ). Ce qui n’est absolument pas le cas ici, et n’ayant ni le deuxième tome, ni les moyens de me l’offrir, j’en sors frustrée, et j’avoue en vouloir un peu à l’auteure….. De plus, la sortie en plusieurs fois se justifie sur des bouquins de 400 pages et plus… mais pas sur un bouquin de 200 pages….

C’est vraiment dommage, car j’ai été agréablement surprise par cette histoire, traitée de manière fine et très juste!

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Plongée en eaux profondes – Béatrice Ortega

J’ai rencontré Béatrice lors d’un marché aux livres de Sorèze (quand je vous dis qu’il faut absolument y aller!!), et j’ai été séduite par sa personne!

Pour plusieurs choses : tout d’abord, la richesse de ses écrits, car elle se lance dans des univers très variés, et pour tous les âges. Elle a d’ailleurs eu l’idée géniale de rééditer de grands classiques dans une police adaptée aux mal-voyants, ce qui procure à tout le monde une lecture confortable!

Mais, ici, nous allons nous intéresser à un livre très spirituel. « Plongée en eaux profondes » a été écrit après la mort du fils de Béatrice, et est donc le résultat d’une large introspection.

Nous y suivons les pensées de Dune, lors de son propre enterrement, alors qu’elle observe la cérémonie et la douleur que son départ provoque chez ses proches. S’ensuit une réflexion sur la mort, la vie, le deuil, la réincarnation et les passages entre les mondes.

Je vous avoue avoir commencé ce livre il y a plusieurs semaines, mais ne pas avoir tout de suite eu le courage de l’approfondir. L’ouverture sur le récit des obsèques m’ont rappelé des souvenirs trop percutants…. Puis, avec le temps, j’ai décidé de « prendre » ce que pouvais m’offrir ce bouquin. Et j’ai eu raison.

Si je me méfie souvent des ouvrages trop « spirituels », nous insinuant parfois des vérités qui ne sont pas les nôtres, ou bien nous emmenant sur des chemins que nous ne voulons pas prendre, le livre de Béatrice n’est rien de tout cela. Certes, il implique une réflexion très profonde (pour moi, la gestion des deuils que j’ai traversé, et la peur permanente de faire souffrir les miens, c’est déjà un assez gros morceau!), aborde des sujets très poussés comme les étapes de la mort, notre âme immortelle et la réincarnation, ce dernier sujet étant totalement étranger à la bonne vieille catho que je suis. Néanmoins, Béatrice ne nous emmène pas, elle nous propose. C’est avec une réelle délicatesse qu’elle aborde ces aspects durs à entendre pour des non initiés, et elle ne le fait pas avec l’intention de nous convaincre, ni même de nous séduire. Elle déroule simplement un récit, très simple, avec un vocabulaire abordable à tous, et c’est sa sincérité et l’absence de pathos dans ces mots qui ouvrent les portes de notre esprit, non pas pour envisager ses théories, mais tout simplement pour entendre ce que notre cœur a à nous dire de tout cela. Et du coup, conclusion : j’aurais besoin d’une sacrée bonne psychanalyse!! 😉

Ainsi, moi qui craignait un livre trop imprégné de souffrance et de messages que je n’était pas prête à entendre, je me suis surprise à ouvrir un moment de paix, pendant lequel j’ai pu écouter ce que j’ai a ressentir, apporter des contradictions à ses pensées, mais, du coup, découvrir les miennes! 😉

 

N’hésitez pas à me contacter si vous désirez découvrir ses œuvres, puisque j’ai son catalogue!!!

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« Mes Derniers Mots » – Matthieu Biasotto, ou de la fiction stupéfiante de réalité

Tout d’abord, merci à Matthieu Biasotto et au groupe « les Mordus de Lecture » pour m’avoir permis de gagner ce livre lors d’un concours!! Wooohoooo la chanceuse!!!

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J’ai eu un peu de mal à définir « Mes Derniers Mots », et puis je me suis dit « Zut », il n’a pas forcément besoin de rentrer dans des cases!!!

Néanmoins, nous suivons Matthieu, que nous trouvons en pleine horreur….dans un appartement sordide, accompagnée d’une jeune fille, Luce, totalement désorientée, au milieu d’un bain de sang et de cadavres et …. complètement amnésique!

La suite nous entraînera dans la recherche de la mémoire et de la vérité, dans un monde où chaque individu est scruté et contrôlé au plus profond de lui-même grâce à un implant dont la pose est obligatoire, et dans une lutte contre un organisme tout puissant.

Ainsi, nous sommes dans un thriller, mené lui-même dans un univers clairement dystopique, voire , pourquoi pas, allez, je me lance (n’hésitez pas à me mettre au coin si je me gourre), un registre qui tient parfois de la SF. Chut, calmez-vous, je m’explique : l’intrigue se déroule dans des lieux inconnus, régentés par une technologie futuriste, à une époque, si elle n’est pas clairement identifiée, définie dans le futur grâce à des indices laissés là par l’auteur. Donc, nous pourrions presque parler de SF,  et c’est là le coup de plume magique de Matthieu : il nous entraîne dans un milieu « imaginaire » car non réel, mais flippant de réalité.

L’histoire se déroule autour de cette puce, implantée à chaque être humain dès ses 16 ans, qui régule absolument tout son être, jusqu’aux taux de cholestérol…. ainsi, tout le monde est géré, dirigé, surveillé. Santé, achats, émotions, tout est passé à la loupe, afin de faire de chacun d’entre nous (ben oui, zut, j’ai envie de le dire!) un être grégaire, poussé dans ses actes, ses pensées, ses modes de consommation, dans la direction que l’on veut bien lui faire prendre. Mais, bien entendu, cet implant est vendu comme un outil révolutionnaire, qui vous simplifiera la vie! Ça ne vous rappelle rien? Je vais trop loin?

En plus du thriller, définit par l’action même du roman, du côté imaginaire « SF », Matthieu nous délivre à chaque instant un message philosophique, juste et émouvant, sur les « possibles », sur notre place dans notre propre avenir. Mais aussi une critique bien placée de notre monde ultra-connecté, virtuel, détaché des réalités et du fonctionnement intrinsèque de notre monde. Vous l’avez compris, Matthieu m’a inspiré!

A la lecture de cette chronique, vous vous demanderez certainement si tout cela n’est pas brouillon, si on peut s’y retrouver en tant que lecteur dans tout ça! Ne vous en faites pas pour cela, la construction est claire, limpide, l’histoire se déroule de manière tellement fluide qu’on ne peut s’en détacher, la chronologie est parfaitement minutée, et parfaitement gérée!

Une belle découverte donc! Et un bon moyen de sortir des sentiers battus, et de se jeter dans cette nouvelle littérature que les auteurs indépendants portent toujours avec brio!

Encore merci Matthieu!

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L’Arme Ultime 2 : Renaissance – Sarah Lacote

Il n’est pas chose aisée de chroniquer un livre que l’on a corrigé, mais grâce à mon léger problème de dédoublement de personnalité à tendance schizophrénique, je vais quand même m’y essayer!!!!

Ce livre n’étant même pas encore parti chez l’imprimeur, je vais vous faire profiter du 4ème de couverture provisoire! Quelle exclu!!!

« Lara a enfin accepté de partager son corps avec l’entité qui la rend si différente, mais, après la perte de son amour, elle doit combattre, aujourd’hui, la bêtise humaine, peut être plus cruelle que celle des contaminés.

Va t-elle respecter la promesse faite à Matt ? Ou se laisser diriger par sa nature meurtrière et assoiffée de vengeance ?

Face à ses nouvelles responsabilités, elle rencontrera enfin le créateur du virus. »

Donc, nous retrouvons Lara, (chronique de « L’arme Ultime 1 : L’hybride », par votre dévouée, sur ce même blog!), en pleine baston générale avec des méchants zombies et des gros monstres. Avec, cette fois, en prime, des « potos » Marines et un vilain Ruskov…. Spasibo! (et, Spasibo reverso, aussi! 😉 )

L’action se déroule juste sur quelques mois d’intervalles, et nous reprenons notre lecture en pleine action! De l’action!!!! Vous en aurez pour votre argent!!!! Sarah ne lâche rien, martyrise constamment sa pauvre héroïne!!!! On pourrait presque s’en lasser….. A part que non! Même pour un livre SF-Horreur, l’auteure y a glissé sa patte très féminine. Cela lui permet de travailler la psychologie de ses personnages, et de les faire évoluer, en même temps que l’intrigue. Les diverses épreuves traversées par Lara la font grandir, son état d’hybride l’oblige a développer une parfaite maîtrise de son mental.

L’apparition de nouveaux personnages donne une autre identité au second tome, tout en restant dans la continuité de l’intrigue du premier. Sans spoiler, plus d’humains, plus de problèmes. Et oui! Lara a d’autres soucis bien plus délicats que de trancher la tête de quelques zombies à coups de Tantô! Car, dans cet opus, les hommes sont bien plus dangereux que les Masters! Et, en plus de toujours combattre les autres, elle va devoir lutter contre elle -même. J’ai même failli la détester à un moment!!!

Pour ce qui est de la construction du roman, comme dans le premier  tome, Sarah écrit comme elle raconte. Et le livre se lit comme on regarde un film. Ainsi, l’emploi périlleux (là, c’est la correctrice qui parle 😉 ) du présent et l’accumulation de scènes d’action donnent un rythme effréné, et rend le bouquin difficile à fermer!!!! Idéal pour votre jeune qui rechigne à lâcher son smartphone, l’Arme Ultime est définitivement facile à lire, et captivant! Et, en plus, comme il est prévu trois tomes, ben, ça vous fait déjà trois cadeaux tous trouvés! Elle est pô belle la vie!!!! (Attention néanmoins à l »âge de vos chérubins, Sarah ayant eu la gentillesse de glisser quelques scènes bien pimentées!!!!)

Quant à la fin du bouquin……. vous allez adorer détester Sarah!!!! Mais je ne vous en dis pas plus!

En attendant donc la sortie de l’Arme Ultime : Renaissance, on se dépêche de découvrir le premier tome ici! : https://www.bouquinerie.me/product-page/l-arme-ultime-l-hybride-sarah-lacote

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L’expérience Cendrillon – Sébastien Fritsch

Sébastien a eu la bonne idée (inconsciente) de m’envoyer son bouquin alors que j’étais en plein milieu de la correction d’un roman de 500 pages.

Pourquoi la bonne idée me direz-vous? Tout simplement car je l’ai attaqué en mode « correctrice » (garce 😉 ), scrutant la moindre faille, la moindre erreur.

Que nenni! Encore un sans faute pour lui!

Dans le texte, « l’Expérience Cendrillon » est un thriller psychologique. A part que la touche de l’auteur le rend, encore une fois, difficilement classable.

Nous y suivons effectivement la fuite de Milica, poursuivie à travers l’Europe par les meurtriers de son mari.

Donc, définition du thriller psy : un univers angoissant, on a.

L’incapacité de définir les gentils des méchants, check! (et jusqu’au bout du bout!)

L’héroïne aussi paumée qu’attachante, on est bons!

Rajoutez le Magnum, la perruque, les espions planqués derrière un journal, les quais de gare, vous avez tous les ingrédients nécessaires! Sauf deux : le sang et la violence inutiles (et Dieu sait si je les ais en horreur!). A la place, vous trouverez de la sensibilité, de la beauté, de la subtilité.

Ce mélange alchimique de suspense et de sentimentalité, testé en éprouvette, fonctionne encore une fois à la perfection! (Ah, zut, j’ai raté mon clin d’œil…. on utilise pas d’éprouvette en cours de physique, si? 😉 )

Je ne vais pas vous faire un topo sur la construction du récit, sur les personnages…. Certes, tout est bon, mais ce n’est pas ce qui doit vous sauter aux yeux à la lecture de cet opus.Je ne sais pas si c’est conscient ou non (faudra lui demander d’ailleurs!), mais ce qui m’a accompagné tout le long du bouquin, c’est la vision. Sébastien nous fait voir son histoire. Les lumières, les structures architecturales des villes visitées, le carrelage cru d’une salle de bains d’hôtel, une photo dans un journal….. C’est au delà de la description, c’est du ressenti…. Il est comme ça, M. Fritsch, il aime, il sait nous sortir de notre canapé pour nous plonger au cœur de ses écrits!

Et, dans « l’Expérience Cendrillon », nous fuyons réellement, aux cotés de la délicate Milica!

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Liberté, je dessine ton visage – Olivier Tarassot

MISE EN GARDE : Vous vous apprêtez à lire une chronique absolument subjective!!!

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Je vais néanmoins faire en sorte d’être le plus objective possible!!

Dans « Liberté, je dessine ton visage », Olivier nous emmène en Syrie, à Paris, suivre le destin de Julie, Lola, Simon, Jacques, et Charlie… Tous ont en commun l’horreur du Djihadisme, l’enfer de l’extrémisme, une foi absolue dans la lumière, et, surtout, l’amour, qui les guidera tour à tour dans les pires décisions comme dans les meilleurs moments.

Si le point de départ du roman est l’enlèvement de Charlie par les Djihadistes de la branche armée Daesh, si ce drame est le fil conducteur de l’histoire, l’extrémisme religieux n’en est néanmoins pas « l’arme » de l’auteur.

Le langage d’Olivier est universel, c’est celui de l’amour et de la miséricorde. Et point de religion dans tout cela, mais juste la foi.

Bon, ok, j’aimerai écrire cette chronique sur le coup de l’émotion, mais je vais quand même essayer de la structurer quelque peu… 😉

Pourquoi l’émotion? J’ai demandé à l’auteur, hier soir à 22h, si le choix de « Charlie » était volontaire. Il m’a certifié que non, que c’était inconscient. Sacré inconscient! Surtout quand, plusieurs pages plus loin, nous croisons « Tout est pardonné »…. C’est en cela que ni ma lecture, ni ma chronique, ne sont objectives. Ce « Charlie », journaliste indépendant qui repousse les limites  pour défendre la liberté d’expression, explore des plaies qui sont encore bien profondes. Je voulais, mais je n’ai très honnêtement pas pu lire le bouquin d’un coup. Charlie est encore trop frais, se souvenir, même inconsciemment, est trop douloureux. Je fuis tout ce qui a trait à Charlie hebdo. J’ai essayé de lire « Et soudain, ils ne riaient plus », mais cela à été au dessus de mes forces. Et, en parlant du bouquin d’Olivier à mon mari, après lui avoir décrit cette douleur en lisant le prénom « Charlie », nous nous sommes dit que, peut être, cela m’a fait comprendre la phrase « Nous sommes en guerre ». Peut être parce que cette douleur, nos grands parents, nos oncles l’ont ressentie avant nous. C’est une douleur qui n’a rien à voir avec la peur, la religion, la politique, l’histoire. Elle est, comme l’amour, universelle. Une première constatation objective (il y en a, quand même!) : c’est un livre qui fait réfléchir, qui fait débattre.

Donc, Olivier aborde des sujets très délicats : Le Djihadisme, la propagande, l’embrigadement au cœur des cités, ou même dans les lycées « de bonnes familles ».

On y croise ainsi Lola, qui, amoureuse à 17 ans, a suivi son petit ami en Syrie, sous promesse d’œuvrer pour aider les blessés, les enfants… Mariée de force, violée, puis évadée, elle réussit  à regagner la France, et est quasi immédiatement entendue par le juge anti terroriste. Ici se pose la question du traitement des « repentis ». Jeunes naïfs, en souffrance psychologique, qui croient à des promesses idéalistes, et qui se rendent compte de l’horreur de la réalité en Syrie, et qui, étant le plus à même de témoigner, se demandent  » Pourquoi rentrer? Que m’attend il en France? Le jugement, pour beaucoup, l’emprisonnement? J’ai 17 ans, ma seule faute est d’avoir voulu croire servir une cause. Même si cela est la mauvaise, j’ai 17 ans….. »

Nous y rencontrons également un jeune geôlier, endoctriné dans une cité. A la question de la raison de son choix, il répond  » Pourquoi croire encore en la France? Dans un pays où je ne me sens pas français, dans lequel je suis constamment rejeté, cloisonné? »

Ainsi, Olivier pose des mots réels sur les arguments vite avancés, vite, pour ne pas heurter le cœur du français qui souffre, et à qui, peut être, on donne le droit de ne pas réfléchir. C’est avec beaucoup de courage qu’il laisse la parole au jeune endoctriné, mais c’est avec beaucoup de réalisme qu’il avoue « Nous pouvons comprendre, mais nous ne pouvons pas pardonner ». (Et bim! Ce fut ma première gifle dans ma lecture!).

Et c’est avec une humanité infinie qu’Olivier nous parle d’amour, au delà de tout, de foi, de lumière.

Le roman est très rythmé par l’alternance des narrateurs, il est cloisonné, sans que l’on s’en rendent compte, en plusieurs parties, comprenant des pertes, des rencontres…. et, je ne peux pas vous en dire plus sous peine de spoiler!!!

Un livre à lire absolument, pour ceux qui veulent se donner a peine de réfléchir à notre souffrance et à notre situation actuelle.

Je ne m’en pensais émotionnellement pas capable, et je suis heureuse pour cela d’avoir lu Olivier!