Auto édités et indépendants

Liberté, je dessine ton visage – Olivier Tarassot

MISE EN GARDE : Vous vous apprêtez à lire une chronique absolument subjective!!!

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Je vais néanmoins faire en sorte d’être le plus objective possible!!

Dans « Liberté, je dessine ton visage », Olivier nous emmène en Syrie, à Paris, suivre le destin de Julie, Lola, Simon, Jacques, et Charlie… Tous ont en commun l’horreur du Djihadisme, l’enfer de l’extrémisme, une foi absolue dans la lumière, et, surtout, l’amour, qui les guidera tour à tour dans les pires décisions comme dans les meilleurs moments.

Si le point de départ du roman est l’enlèvement de Charlie par les Djihadistes de la branche armée Daesh, si ce drame est le fil conducteur de l’histoire, l’extrémisme religieux n’en est néanmoins pas « l’arme » de l’auteur.

Le langage d’Olivier est universel, c’est celui de l’amour et de la miséricorde. Et point de religion dans tout cela, mais juste la foi.

Bon, ok, j’aimerai écrire cette chronique sur le coup de l’émotion, mais je vais quand même essayer de la structurer quelque peu… 😉

Pourquoi l’émotion? J’ai demandé à l’auteur, hier soir à 22h, si le choix de « Charlie » était volontaire. Il m’a certifié que non, que c’était inconscient. Sacré inconscient! Surtout quand, plusieurs pages plus loin, nous croisons « Tout est pardonné »…. C’est en cela que ni ma lecture, ni ma chronique, ne sont objectives. Ce « Charlie », journaliste indépendant qui repousse les limites  pour défendre la liberté d’expression, explore des plaies qui sont encore bien profondes. Je voulais, mais je n’ai très honnêtement pas pu lire le bouquin d’un coup. Charlie est encore trop frais, se souvenir, même inconsciemment, est trop douloureux. Je fuis tout ce qui a trait à Charlie hebdo. J’ai essayé de lire « Et soudain, ils ne riaient plus », mais cela à été au dessus de mes forces. Et, en parlant du bouquin d’Olivier à mon mari, après lui avoir décrit cette douleur en lisant le prénom « Charlie », nous nous sommes dit que, peut être, cela m’a fait comprendre la phrase « Nous sommes en guerre ». Peut être parce que cette douleur, nos grands parents, nos oncles l’ont ressentie avant nous. C’est une douleur qui n’a rien à voir avec la peur, la religion, la politique, l’histoire. Elle est, comme l’amour, universelle. Une première constatation objective (il y en a, quand même!) : c’est un livre qui fait réfléchir, qui fait débattre.

Donc, Olivier aborde des sujets très délicats : Le Djihadisme, la propagande, l’embrigadement au cœur des cités, ou même dans les lycées « de bonnes familles ».

On y croise ainsi Lola, qui, amoureuse à 17 ans, a suivi son petit ami en Syrie, sous promesse d’œuvrer pour aider les blessés, les enfants… Mariée de force, violée, puis évadée, elle réussit  à regagner la France, et est quasi immédiatement entendue par le juge anti terroriste. Ici se pose la question du traitement des « repentis ». Jeunes naïfs, en souffrance psychologique, qui croient à des promesses idéalistes, et qui se rendent compte de l’horreur de la réalité en Syrie, et qui, étant le plus à même de témoigner, se demandent  » Pourquoi rentrer? Que m’attend il en France? Le jugement, pour beaucoup, l’emprisonnement? J’ai 17 ans, ma seule faute est d’avoir voulu croire servir une cause. Même si cela est la mauvaise, j’ai 17 ans….. »

Nous y rencontrons également un jeune geôlier, endoctriné dans une cité. A la question de la raison de son choix, il répond  » Pourquoi croire encore en la France? Dans un pays où je ne me sens pas français, dans lequel je suis constamment rejeté, cloisonné? »

Ainsi, Olivier pose des mots réels sur les arguments vite avancés, vite, pour ne pas heurter le cœur du français qui souffre, et à qui, peut être, on donne le droit de ne pas réfléchir. C’est avec beaucoup de courage qu’il laisse la parole au jeune endoctriné, mais c’est avec beaucoup de réalisme qu’il avoue « Nous pouvons comprendre, mais nous ne pouvons pas pardonner ». (Et bim! Ce fut ma première gifle dans ma lecture!).

Et c’est avec une humanité infinie qu’Olivier nous parle d’amour, au delà de tout, de foi, de lumière.

Le roman est très rythmé par l’alternance des narrateurs, il est cloisonné, sans que l’on s’en rendent compte, en plusieurs parties, comprenant des pertes, des rencontres…. et, je ne peux pas vous en dire plus sous peine de spoiler!!!

Un livre à lire absolument, pour ceux qui veulent se donner a peine de réfléchir à notre souffrance et à notre situation actuelle.

Je ne m’en pensais émotionnellement pas capable, et je suis heureuse pour cela d’avoir lu Olivier!

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